Lundi , 27 juin 2022
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Tunisie : réactions au discours du président Ben Ali

L’opposition tunisienne a réagi plutôt positivement au discours du chef de l’Etat, certains membres ont parlé de “discours historiques”, tout en soulignant qu'”il reste à appliquer ces intentions”. Mais le défenseur des droits de l’Homme, Mohamed Abbou, estime lui que Ben Ali “se moque des Tunisiens”.

 

L’opposition tunisienne, longtemps laminée par le régime du président Zine El Abidine Ben Ali, a réagi plutôt positivement au discours prononcé jeudi 13 janvier par le chef de l’Etat promettant de libéraliser le système politique et de renoncer à un nouveau mandat présidentiel.

 


Après près d’un mois d’émeutes provoquées par un geste de désespoir d’un jeune de Sidi Bouzid (centre-ouest), qui s’est immolé par le feu pour protester contre la confiscation par des agents municipaux de son étal de fruits et légumes, Zine El Abidine Ben Ali est apparu à la télévision pour apaiser les tensions.

 

Pas de nouveau mandat

“Le fait positif, c’est que le président ait décidé de ne plus se représenter”, a jugé dans une déclaration à la presse Mohammed Néjib Chebbi, chef historique du PDP (Parti démocratique progressiste — une formation légale mais non représentée au Parlement).
Dans son discours, Zine El Abidine Ben Ali a promis de ne pas se présenter à la présidentielle de 2014 pour ne pas consacrer la présidence à vie, de libéraliser l’information et l’accès à internet, qui était censuré, et d’arrêter les tirs contre les manifestants qui ont fait 67 morts en moins d’un mois, selon des défenseurs des droits de l’Homme.
Il a également promis de réviser à la baisse les prix de produits de première nécessité comme le lait, le pain et le sucre.

 

Des “perspectives”

“Ce discours ouvre des perspectives”, a déclaré de son côté, Mustapha Ben Jaafar, chef du Forum démocratique pour le travail et les libertés, membre de l’Internationale socialiste.
“Il reste à appliquer ces intentions“, a toutefois ajouté Mustapha Ben Ben Afar.
“C’est positif, le discours répond à des questions qui ont été soulevées par notre parti”, a jugé pour sa part, Ahmed ben Brahim, chef du parti Ettajdid (ex-communiste, un député au Parlement).
La militante des droits de l’Homme Bouchra Bel Haji a évoqué “undiscours historique“. “Il nous a libérés et s’est libéré lui même”, a-t-elle déclaré à propos du chef de l’Etat tunisien souvent perçu comme un dirigeant qui a hérité de sa formation militaire une certaine raideur dans le discours et le geste.

 

“Des promesses sans lendemain”

Les sceptiques à l’image de l’avocat et défenseur des droits de l’Homme, Mohamed Abbou, ont dit ne pas croire le président en déclarant que ce dernier “se moque des Tunisiens avec des promesses sans lendemain”.
La télévision publique Tunis 7 a donné la parole pour la première fois jeudi soir à des personnalités comme le président de la Ligue des droits de l’Homme, Mokhtar Trifi, ou l’ancien chef du syndicat des journalistes Naji Beghouri.
Pendant cette émission inédite, des appels ont été lancés pour la libération du chef du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT, non autorisé), Hamma Hammami, interpellé mercredi à son domicile, près de Tunis.
Des appels similaires ont été lancés en faveur de Fahem Boukaddous, un journaliste qui purge une peine de prison après avoir été jugé pour avoir fait de la publicité pour un mouvement social dans le bassin minier du centre-ouest de la Tunisie.

 

 

Deux morts

 


Cependant, deux civils ont été tués par des tirs de la police dans la ville de Kairouan, dans le centre de la Tunisie, au moment même où le président Zine El Abidine ben Ali prononçait son discours,ont raconté des témoins.

 

Sayed, un électricien de 23 ans, a été tué d’une balle dans la poitrine près des locaux de la gendarmerie lors d’affrontements qui ont éclaté après une manifestation pacifique à l’appel du syndicat régional dans cette ville du centre, a dit l’un des témoins.

 

Un autre quadragénaire, Lamjed Dziri, employé d’une fabrique de tabac, a également été tué par des tirs de police dans les mêmes circonstances, a indiqué un autre témoin.

 

Ces deux habitants ayant requis l’anonymat ont évoqué des scènes de chaos dans la ville qui a connu des pillages durant plusieurs heures.

 

Trois postes de police, une municipalité, une permanence du parti présidentiel au pouvoir, ont été incendiés et des commerces ont été pillés.

 

Près de Tunis, dans la Cité El Ghazala, des affrontements ont eu lieu jeudi soir entre la police et des manifestants aux abords d’un pôle technologique gardé par l’armée, a constaté un journaliste

 

 

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