Mercredi , 20 septembre 2017

Actualité

Troubles à Bab El Jazira : Arrestation de 80 personnes

 

Dans le quartier de Bab El Jazira, à Tunis, qui se caractérisait, de tout temps, par sa dynamique, tout a changé, et un calme étrange y règne, notamment depuis les troubles survenus, au cours des trois derniers jours, entre les vendeurs du Souk Sidi Boumendil et de Sabaghine, et les habitants des quartiers de Bab El Jazira et de Bab Jédid.

 


Ces événements ont été déclenchés après l’assassinat, dans la nuit du samedi, d’un jeune qui, selon les rumeurs, aurait été tué par l’un des marchands.

 

 

Mardi, les commerces n’ont pas ouvert leurs portes comme à l’accoutumée, la circulation des personnes n’était pas aussi importante et le silence plane sur le souk.

 

 

A ce propos, l’un des passants a indiqué, que « la nuit dernière a vu de violentes disputes à l’arme blanche et aux cocktails molotov, ce qui a semé la terreur dans les rangs des habitants du quartier ».

 

 

Dans le même sens, M. Ezzeddine Ousji, directeur du district de la sécurité de Sidi El Béchir, a affirmé que les efforts sécuritaires s’intensifient afin de calmer l’ambiance et de rétablir la situation, à travers l’installation de barrières au milieu du quartier pour mieux le sécuriser.

 


Il a ajouté que 80 personnes, accusées d’avoir semé le trouble et terrorisé les habitants, ont été arrêtées.

 

 

Un certain calme régnait dans le quartier, mardi, à midi. Mais, selon le chef du district de la sécurité, la journée avait commencé par les tentatives menées par des marchands en vue d’agresser des citoyens, d’attaquer le collège de la rue de Russie, ainsi que l’école primaire de la rue du Maroc et celle de la rue d’Angleterre, outre l’incendie de locaux de commerce de la rue des tanneurs et la confrontation avec les forces de l’ordre, ce qui a été à l’origine de blessures diverses d’agents de sécurité.

Après la publication du décret-loi : Ce que donne l’amnistie et ce qui reste à faire

Le décret-loi sur l’amnistie a été promulgué. Objectif : bénéficier des opportunités disponibles pour recouvrer les droits et la dignité bafoués. Jusqu’à présent, personne ne semble être en mesure de prédire le nombre de personnes concernées par cette amnistie. Certaines sources n’excluent pas la probabilité d’un nombre impressionnant de bénéficiaires 

Tunisie: dissolution du RCD

 

La justice tunisienne a dissous aujourd'hui le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti-Etat de l'ex-président Ben Ali, à la demande des nouvelles autorités qui, peu à peu, démontent l'ancien système qui a mis la Tunisie en coupe réglée 23 ans durant.

 



"Le tribunal de 1ère instance de Tunis a décidé de dissoudre le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et de liquider ses biens et ses fonds", précise le jugement accueilli par une clameur gigantesque des centaines de personnes présentes dans la salle. Se mêlant à l'hymne national, les slogans ont fusé immédiatement: "RCD dégage!", "Tunisie libre!", "ô martyrs, nous poursuivons la lutte".

 

 



Il n'aura fallu qu'une semaine pour débarrasser le pays du tentaculaire RCD, qui avait des ramifications dans toute la Tunisie et toutes les entreprises. Au temps de sa splendeur, il revendiquait plus de deux millions d'adhérents pour une population totale de 10 millions de personnes. Le tribunal avait commencé à examiner le 2 mars l'action intentée par le ministère de l'Intérieur.

 

 



A l'ouverture du procès, l'avocat du ministère, Me Faouzi Ben Mrad, avait réclamé "la dissolution du RCD et la saisie de ses biens à l'intérieur et à l'extérieur du pays, qu'il avait acquis en spoliant l'argent du peuple". Depuis la fuite du président le 14 janvier, les Tunisiens n'avaient cessé de manifester pour réclamer la dissolution du symbole de l'Etat-policier durant les 23 ans de régime de Ben Ali. Son imposant siège au coeur de Tunis avait d'ailleurs été l'une des premières cibles symboliques de la révolution qui devait emporter le régime et son chef. 

 

 



Six jours seulement après la chute du régime, le gouvernement transitoire de Mohammed Ghannouchi annonçait le 20 janvier que l'Etat allait prendre possession des "biens mobiliers et immobiliers" du RCD et procéder à la séparation de l'Etat et du RCD. Le 6 février, le RCD était suspendu "dans le souci de préserver l'intérêt suprême de la nation et d'éviter toute violation de la loi", avait annoncé le ministre de l'intérieur Fahrat Rajhi, avec en ligne de mire une dissolution pure et simple. Mais pour la population, il fallait aussi "dissoudre" les ministres "RCédistes" encore aux affaires.

 

 

Dès la formation du premier gouvernement de l'ère-post Ben Ali par Mohammed Ghannouchi, lui-même dernier premier ministre de Ben Ali 11 ans durant, la rue n'a cessé de faire pression pour faire tomber les caciques.

Tunisie : remaniement et dissolution de la police politique

 

Il y a encore une semaine, cette décision semblait improbable : la terrible police politique tunisienne et l'appareil de sécurité d'État sont désormais supprimés. Pour faire revenir le calme en Tunisie et espérer relancer l'économie, le gouvernement de transition, dirigé depuis le 28 février dernier par Béji Caïd Essebsi, semble décidé à balayer les vestiges les plus terribles du régime. Sous Ben Ali et lors des premières mois de la révolution de Jasmin, ces deux organismes se sont tout particulièrement illustrés en matière de torture et d'arrestations arbitraires. Les protestataires avaient fait de leur dissolution une priorité. 

 

 


Nouveau coup de balai au sein du gouvernement Plus aucune figure du régime Ben Ali ne figure au gouvernement, ce qui avait généré la démission des équipes précédentes. Ce dernier vient d'achever son remaniement. Il est désormais compoisé de 22 ministres, dont cinq totalement nouveaux et notamment le Ministre des Affaires étrangères Mouldfi Keffi, le Ministre de l'Enseignement supérieur, Rifaat Chaabouni ou encore le Ministre de la Planification et de la Coopération internationale, Abdelhamid Triki. 

 

 


Liste du nouveau gouvernement tunisien (source Le Monde.fr)

 

 

Premier ministre Béji Caïd Essebsi - Ministre de la Justice: Lazhar Karoui Chebbi (reconduit) - Ministre de la Défense nationale: Abdelkrim Zbidi (reconduit) - Ministre de l'Intérieur: Farhat Rajhi (reconduit) - Ministre des Affaires étrangères: Mouldfi Keffi (nouveau) - Ministre des Affaires sociales: Mohamed Ennaceur (reconduit) - Ministre des Finances: Jalloul Ayed (reconduit) - Ministre des Affaires religieuses: Laroussi Mizouri (reconduit) - Ministre de l'Education: Taïeb Baccouche (reconduit) - Ministre de la Culture: Ezzeddine Bach Chaouch (reconduit) - Ministre de l'Enseignement supérieur: Rifaat Chaabouni (nouveau) - Ministre de la Santé publique: Habiba Zahi Ben Romdhane (reconduite) - Ministre du Commerce et du Tourisme: Mehdi Houas (reconduit) - Ministre de l'Agriculture: Mokhtar Jalleli (reconduit) - Ministre des Affaires de la Femme: Lilia Laabidi (reconduite) - Ministre du Transport et de l'Equipement: Yassine Brahim (reconduit) - Ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle: Saïd Aydi, - Ministre de la Jeunesse et des Sports: Mohamed Aloulou (reconduit) - Ministre de la Planification et de la Coopération internationale: Abdelhamid Triki (nouveau) - Ministre de l'Industrie et de la Technologie: Abdellaziz Rassaa (reconduit) - Ministre des Domaines de l'Etat: Ahmed Adhoum (reconduit) - Ministre du Développement régional: Abderrazak Zouari (nouveau)

Réalités sur les affrontements de Ksar Hellal

 

Qui est le responsable de la tragédie qui s’est déroulée hier soir à Ksar Hellal? Selon plusieurs témoins oculaires, une confrontation a eu lieu entre plusieurs centaines d’habitants de la région et ceux du quartier El Riadh II à 2 kilomètres de la ville de Ksar Hellal. Elle a eu pour résultat des dizaines de blessés hospitalisés à l’hôpital régional de Ksar Hellal et à l’Hôpital Fattouma Bourguiba à Monastir.

 

 

L’intervention de l’armée tunisienne à la cité Erriadh II (appelée aussi El Arrami) a dispersé la foule mais quel est l’origine de cet incident:

 

 

Les tunisiens surnommés « Awled Ayar » sont majoritairement des tunisiens originaires d’autres régions qui vivent depuis des années à Ksar Hellal au niveau du quartier ErriadhII. La première génération de ces tunisiens est constituée en majorité de travailleurs dans les usines de la région, ils ont contribué activement à son développement économique.

 

 

Cette dernière semaine, Ksar Hellal a connu plusieurs incidents (braquages, vols, perturbations dans les écoles et les lycées …). Ces incidents ont été imputés à tort ou à raison aux « Awled Ayar ».

 

 

Hier soir le premier mars 2011, des centaines de jeunes de Ksar Hellal se sont rassemblés et se sont déplacés à la cité ErriadhII pour « expulser » les présumés responsables de l’état d’insécurité que connait la région. Ce qui a eu pour conséquence des dizaines de blessés et nécessité l’intervention énergique de l’armée tunisienne.

 

 

L’état d’insécurité actuelle que connait le pays est-il en train de réveiller le démon du régionalisme alors que la Tunisie a besoin aujourd’hui plus que jamais de l’unité nationale pour faire face aux nombreux défis qui l’attendent ?

 

 

Une autre question se pose, comment des centaines de gens se déplacent-ils sur deux kilomètres, comme le montrent les vidéos ci-dessous, sans que la police intervienne ?