Jeudi , 17 août 2017

Actualité

Après la publication du décret-loi : Ce que donne l’amnistie et ce qui reste à faire

Le décret-loi sur l’amnistie a été promulgué. Objectif : bénéficier des opportunités disponibles pour recouvrer les droits et la dignité bafoués. Jusqu’à présent, personne ne semble être en mesure de prédire le nombre de personnes concernées par cette amnistie. Certaines sources n’excluent pas la probabilité d’un nombre impressionnant de bénéficiaires 

Tunisie: dissolution du RCD

 

La justice tunisienne a dissous aujourd'hui le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti-Etat de l'ex-président Ben Ali, à la demande des nouvelles autorités qui, peu à peu, démontent l'ancien système qui a mis la Tunisie en coupe réglée 23 ans durant.

 



"Le tribunal de 1ère instance de Tunis a décidé de dissoudre le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et de liquider ses biens et ses fonds", précise le jugement accueilli par une clameur gigantesque des centaines de personnes présentes dans la salle. Se mêlant à l'hymne national, les slogans ont fusé immédiatement: "RCD dégage!", "Tunisie libre!", "ô martyrs, nous poursuivons la lutte".

 

 



Il n'aura fallu qu'une semaine pour débarrasser le pays du tentaculaire RCD, qui avait des ramifications dans toute la Tunisie et toutes les entreprises. Au temps de sa splendeur, il revendiquait plus de deux millions d'adhérents pour une population totale de 10 millions de personnes. Le tribunal avait commencé à examiner le 2 mars l'action intentée par le ministère de l'Intérieur.

 

 



A l'ouverture du procès, l'avocat du ministère, Me Faouzi Ben Mrad, avait réclamé "la dissolution du RCD et la saisie de ses biens à l'intérieur et à l'extérieur du pays, qu'il avait acquis en spoliant l'argent du peuple". Depuis la fuite du président le 14 janvier, les Tunisiens n'avaient cessé de manifester pour réclamer la dissolution du symbole de l'Etat-policier durant les 23 ans de régime de Ben Ali. Son imposant siège au coeur de Tunis avait d'ailleurs été l'une des premières cibles symboliques de la révolution qui devait emporter le régime et son chef. 

 

 



Six jours seulement après la chute du régime, le gouvernement transitoire de Mohammed Ghannouchi annonçait le 20 janvier que l'Etat allait prendre possession des "biens mobiliers et immobiliers" du RCD et procéder à la séparation de l'Etat et du RCD. Le 6 février, le RCD était suspendu "dans le souci de préserver l'intérêt suprême de la nation et d'éviter toute violation de la loi", avait annoncé le ministre de l'intérieur Fahrat Rajhi, avec en ligne de mire une dissolution pure et simple. Mais pour la population, il fallait aussi "dissoudre" les ministres "RCédistes" encore aux affaires.

 

 

Dès la formation du premier gouvernement de l'ère-post Ben Ali par Mohammed Ghannouchi, lui-même dernier premier ministre de Ben Ali 11 ans durant, la rue n'a cessé de faire pression pour faire tomber les caciques.

Tunisie : remaniement et dissolution de la police politique

 

Il y a encore une semaine, cette décision semblait improbable : la terrible police politique tunisienne et l'appareil de sécurité d'État sont désormais supprimés. Pour faire revenir le calme en Tunisie et espérer relancer l'économie, le gouvernement de transition, dirigé depuis le 28 février dernier par Béji Caïd Essebsi, semble décidé à balayer les vestiges les plus terribles du régime. Sous Ben Ali et lors des premières mois de la révolution de Jasmin, ces deux organismes se sont tout particulièrement illustrés en matière de torture et d'arrestations arbitraires. Les protestataires avaient fait de leur dissolution une priorité. 

 

 


Nouveau coup de balai au sein du gouvernement Plus aucune figure du régime Ben Ali ne figure au gouvernement, ce qui avait généré la démission des équipes précédentes. Ce dernier vient d'achever son remaniement. Il est désormais compoisé de 22 ministres, dont cinq totalement nouveaux et notamment le Ministre des Affaires étrangères Mouldfi Keffi, le Ministre de l'Enseignement supérieur, Rifaat Chaabouni ou encore le Ministre de la Planification et de la Coopération internationale, Abdelhamid Triki. 

 

 


Liste du nouveau gouvernement tunisien (source Le Monde.fr)

 

 

Premier ministre Béji Caïd Essebsi - Ministre de la Justice: Lazhar Karoui Chebbi (reconduit) - Ministre de la Défense nationale: Abdelkrim Zbidi (reconduit) - Ministre de l'Intérieur: Farhat Rajhi (reconduit) - Ministre des Affaires étrangères: Mouldfi Keffi (nouveau) - Ministre des Affaires sociales: Mohamed Ennaceur (reconduit) - Ministre des Finances: Jalloul Ayed (reconduit) - Ministre des Affaires religieuses: Laroussi Mizouri (reconduit) - Ministre de l'Education: Taïeb Baccouche (reconduit) - Ministre de la Culture: Ezzeddine Bach Chaouch (reconduit) - Ministre de l'Enseignement supérieur: Rifaat Chaabouni (nouveau) - Ministre de la Santé publique: Habiba Zahi Ben Romdhane (reconduite) - Ministre du Commerce et du Tourisme: Mehdi Houas (reconduit) - Ministre de l'Agriculture: Mokhtar Jalleli (reconduit) - Ministre des Affaires de la Femme: Lilia Laabidi (reconduite) - Ministre du Transport et de l'Equipement: Yassine Brahim (reconduit) - Ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle: Saïd Aydi, - Ministre de la Jeunesse et des Sports: Mohamed Aloulou (reconduit) - Ministre de la Planification et de la Coopération internationale: Abdelhamid Triki (nouveau) - Ministre de l'Industrie et de la Technologie: Abdellaziz Rassaa (reconduit) - Ministre des Domaines de l'Etat: Ahmed Adhoum (reconduit) - Ministre du Développement régional: Abderrazak Zouari (nouveau)

Réalités sur les affrontements de Ksar Hellal

 

Qui est le responsable de la tragédie qui s’est déroulée hier soir à Ksar Hellal? Selon plusieurs témoins oculaires, une confrontation a eu lieu entre plusieurs centaines d’habitants de la région et ceux du quartier El Riadh II à 2 kilomètres de la ville de Ksar Hellal. Elle a eu pour résultat des dizaines de blessés hospitalisés à l’hôpital régional de Ksar Hellal et à l’Hôpital Fattouma Bourguiba à Monastir.

 

 

L’intervention de l’armée tunisienne à la cité Erriadh II (appelée aussi El Arrami) a dispersé la foule mais quel est l’origine de cet incident:

 

 

Les tunisiens surnommés « Awled Ayar » sont majoritairement des tunisiens originaires d’autres régions qui vivent depuis des années à Ksar Hellal au niveau du quartier ErriadhII. La première génération de ces tunisiens est constituée en majorité de travailleurs dans les usines de la région, ils ont contribué activement à son développement économique.

 

 

Cette dernière semaine, Ksar Hellal a connu plusieurs incidents (braquages, vols, perturbations dans les écoles et les lycées …). Ces incidents ont été imputés à tort ou à raison aux « Awled Ayar ».

 

 

Hier soir le premier mars 2011, des centaines de jeunes de Ksar Hellal se sont rassemblés et se sont déplacés à la cité ErriadhII pour « expulser » les présumés responsables de l’état d’insécurité que connait la région. Ce qui a eu pour conséquence des dizaines de blessés et nécessité l’intervention énergique de l’armée tunisienne.

 

 

L’état d’insécurité actuelle que connait le pays est-il en train de réveiller le démon du régionalisme alors que la Tunisie a besoin aujourd’hui plus que jamais de l’unité nationale pour faire face aux nombreux défis qui l’attendent ?

 

 

Une autre question se pose, comment des centaines de gens se déplacent-ils sur deux kilomètres, comme le montrent les vidéos ci-dessous, sans que la police intervienne ?

M. Mohamed Ghannouchi annonce sa démission du Gouvernement provisoire

 

M. Mohamed Ghannouchi a annoncé, dimanche, sa démission du poste de Premier ministre au sein du Gouvernement provisoire, appelant lesTunisiens à protéger la révolution populaire contre tous ceux qui cherchent à la faire échouer, et à faire face aux actes de violence et de pillage commis par ses ennemis. 

 

 

M. Mohamed Ghannouchi a affirmé qu'il a pris sa décision après mure et profonde réflexion et après de longues concertations avec les membres du Gouvernement, avec ses amis et avec sa famille.

 

 

Il a fait observer qu'il quitte le Gouvernement tout en ayant la conscience tranquille et que sa démission ne signifie nullement qu'il s'est délié de la responsabilité qu'il a assumée depuis le 14 janvier dernier, mais qu'elle procède plutôt de sa conviction qu'elle servira la Tunisie et qu'elle permettra de rétablir la sécurité en Tunisie.

 

 

Il a souligné qu'il refuse catégoriquement de prendre des décisions pouvant éventuellement occasionner des pertes en vies humaines et l'effusion de sang.

 

 

M. Ghannouchi a adressé des reproches aux médias tunisiens qui, de son point de vue, n'ont pas rapporté comme il se doit et avec le professionnalisme requis, les discours du Gouvernement, en ce sens qu'ils ont focalisé l'intérêt sur les mouvements protestataires qui revendiquent la démission du Gouvernement et du Premier ministre, et rapporté les échos des grèves socio-professionnelles.

 

 

Il a indiqué que les médias tunisiens n'ont fait aucune allusion aux acquis majeurs accomplis, en dépit de la courte durée de l'activité du Gouvernement et de la forte pression exercée sur son action, en l'occurrence, l'amnistie générale, le retour des expatriés, l'ouverture politique et les mesures décidées en vue de restituer les biens volés et la saisie des biens et avoirs du président déchu, de sa famille et de leurs proches.Il a insisté sur la nécessité de redoubler d'effort et de persévérance en vue de garantir un climat idoine pour les échéances politiques et électorales à venir et se préparer au mieux afin qu'elles se déroulent dans les meilleures conditions.

 

 

Concernant les évènements survenus en Tunisie le vendredi 14 janvier 2011, M. Ghannouchi a relevé qu'il a été informé des grandes manifestations de protestation qui ont eu lieu au niveau de l'avenue Habib Bourguiba, ainsi que de la proclamation de l'état d'urgence, de la dissolution du Gouvernement et de la décision l'habilitant à former un nouveau Gouvernement alors qu'il était dans son bureau.Il a rappelé, également, qu'il est resté dans son bureau jusqu'à 18H00 alors qu'il était en train de ramasser ses documents personnels pour quitter son bureau sans retour, au vu des circonstances et des dépassements que connaît la Tunisie qui l'ont empêchés de poursuivre son travail.

 

 

"Avant de quitter mon bureau, a-t-il indiqué, j'ai reçu une communication téléphonique du service de sécurité présidentielle me demandant, avec insistance, d'assumer la responsabilité historique, communication à laquelle je n'ai pas accordée d'importance". "J'ai ensuite reçu une deuxième communication téléphonique, m'alertant que dans le cas où je venais à décliner cette demande, un bain de sang aurait lieu car le président de la République a quitté la Tunisie et que des évènements d'une gravité extrême se déroulent en Tunisie.

 

 

Il a ajouté que "sans avoir informé ma famille et après avoir eu la confirmation du départ subite du président de la république, départ qui consistait en une véritable fuite et afin d'épargner les vies des Tunisiens et des Tunisiennes, j'ai décidé de rejoindre le palais de Carthage."Le Premier ministre démissionnaire a indiqué avoir contacter par téléphone le ministre de la Défense nationale avant son arrivée au palais de Carthage afin de l'informer des évènements survenus, précisant que "ce coup de téléphone l'a sauvé et a même sauvé la Tunisie d'un bain de sang".

 

 

Il a affirmé avoir trouvé au palais de Carthage MM. Foued Mebazaa et Abdallah Kallel qui lui avaient demandé d'assumer la responsabilité, compte tenu de la vacance provisoire au poste du président de la République, qui empêche de respecter les procédures ordinaires dans semblables circonstances.C'est ainsi, a-t-il précisé que s'est fait le recours à l'article 56 de la Constitution, le vendredi, puis le passage à l'article 57 de la constitution le samedi, après avoir adopté les procédures constitutionnelles requises en vertu desquelles M. Foued Mebazaa a assumé le poste de président de la République par intérim.

 

 

Il a fait remarquer que depuis cette date, il a assumé sa pleine et entière responsabilité et que la priorité absolue était de rétablir la sécurité et de mettre fin à tout ce qui est de nature à provoquer des pertes en vies humaines parmi les citoyens et à éviter de prendre des décisions à leur encontre "même aux dépens de nos vies".M. Ghannouchi a affirmé que suite aux opérations terroristes perpétrées, samedi, dimanche et lundi, et aux informations attestant l'existence de snipers dans certains quartiers et la réalisation d'opérations d'incendies, le Gouvernement provisoire a été formé en concertation avec toutes les parties y compris l'Union Générale Tunisienne du Travail, Gouvernement qui a suscité des critiques et provoqué un sit-in à la Kasbah.

 

 

Il a rappelé que le Gouvernement a répondu favorablement à cette revendication populaire, relevant que la composition du nouveau gouvernement a bénéficié du consensus de toutes les parties politiques et les composantes de la société civile.M. Ghannouchi a ajouté que le pays a rencontré, au début de l'action de ce nouveau Gouvernement provisoire, des difficultés, qui ont consisté tout d'abord en une dérive sécuritaire, rapidement surmontée, pour virer ensuite vers la dérive sociale, à travers les revendications incessantes de toutes les parties, "comme si la révolution de la dignité, révolution des chômeurs et des catégories démunies, est devenue la révolution des majorations salariales et de l'amélioration des conditions des parties avantagées", qui disposent de sources de revenus permanentes contre l'existence de 500 mille chômeurs, dont 150 mille diplômés du supérieur, ceci outre les régions de l'intérieur qui n'ont pas connu de développement adapté à leurs potentialités humaines et naturelles.

 

 

M. Mohamed Ghannouchi, a poursuivi en déclarant: "ceci a été le premier test pour le Gouvernement et nous avons veillé à traiter cette question en toute sagesse et en adoptant la politique de dialogue avec l'organisation syndicale qui nous a aidé, à maintes occasions, à calmer les ardeurs, à pousser les travailleurs à se remettre au travail et à nous permettre de se consacrer à la priorité absolue qui consiste en la préparation de l'organisation des élections, ce qui exige l'adoption de réformes politiques, notamment, au niveau du code électoral et de l'instauration d'un climat de sérénité et de sécurité, outre, le fait de donner de l'espoir à toutes les personnes démunies qui vivent sous le seuil de la pauvreté et qui représentent environ 200 mille familles, dont 125 mille ont déjà bénéficié jusqu'à la fin de 2010 des interventions de l'Etat.'

 

 

M. Ghannouchi a, également, déclaré 'j'ai toujours affirmé que nous ne disposons pas d'une baguette magique pour changer les accumulations des 23 années écoulées en seulement quelques semaines. Nous n'avons pas de ressources naturelles ni de soutien extérieur pour changer la situation."

 

 

Toutefois, nous avons examiné avec beaucoup de réalisme les différents dossiers afin que les services publics ne soient pas paralysés et ce, en dépit des difficultés et des manoeuvres de certaines parties qui tentaient et oeuvraient à entraver le bon déroulement de ces services pour installer l'insécurité et le doute quant aux perspectives ouvertes grâce à la révolution pour l'ensemble des tunisiennes et des tunisiens.

 

 

Ces manoeuvres, a-t-il indiqué, ont touché plusieurs volets dont notamment le domaine économique, dès lors que la perte de dizaines de milliers de postes d'emploi et la concrétisation des projets annoncés ne feraient qu'avorter la révolution.Il a, d'autre part, indiqué que : "la Tunisie est devenue un pays libre et l'information est aujourd'hui libre', et que le tunisien n'a pas peur de s'exprimer, ajoutant en substance: 'Néanmoins, la démocratie n'est pas encore réalisée, dès lors qu'elle exige une série de mesures, de procédures, de règles et de devoirs qui doivent être consacrés'. Il a précisé qu'un tel objectif ne peut être atteint qu'après l'organisation des élections et la remise du flambeau au nouveau Gouvernement qui sera constitué à l'issue de ces élections.

 

 

Il a affirmé que la période du Gouvernement provisoire a été longue, en ce sens que chaque heure a été marquée par de nouveaux évènements, et courte, dès lors que le Gouvernement provisoire a engagé ses travaux depuis seulement 50 jours et qu'il exerce ses activités dans un climat d'instabilité, au vu des milliers de personnes qui affluaient sur les ministères et des revendications immédiates et excessives d'accès à l'emploi et d'amélioration des conditions "comme si des forces invisibles cherchaient à avorter cette expérience remarquable et cette révolution calme déclenchée par les jeunes grâce aux technologies de communication, et qui a fait plus de 200 martyrs et victimes dans différentes contrées du pays".

 

 

En dépit de l'instabilité, des difficultés et du désordre dans nombre de domaines, le Gouvernement est parvenu en un laps de temps relativement court à concrétiser plusieurs revendications de la collectivité nationale, à l'instar de la libération de tous les prisonniers politiques, du retour de tous les exilés, de l'institution de l'amnistie générale et du recouvrement des droits politiques et civils, dans le souci d'ouvrir une nouvelle page dans le cadre de la réconciliation nationale.Il a rappelé que les obstacles et les restrictions ont été levés pour permettre à quiconque de constituer un parti politique, précisant que 40 demandes ont obtenu les récépissés préliminaires.

 

 

Aussi, la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme, qui a depuis toujours, connu des obstacles, a-t-elle recouvré ses droits et qu'elle oeuvre en toute liberté dans le cadre d'un nouveau climat de liberté.Pour ce qui est des affaires de corruption, de malversation et d'enrichissement illégal, M. Ghannouchi a affirmé que des administrateurs judiciaires ou des séquestres judiciaires ont été nommés à la tête de toutes les entreprises appartenant aux proches du président déchu afin que le personnel de ces établissements ne perd pas ses sources de revenu.Il a été également procédé au gel de leurs comptes bancaires en Tunisie ainsi que de leurs biens à l'étranger, en émettant des demandes officielles auprès des pays concernés à ce sujet, outre l'adoption d'un décret-loi portant saisie des biens et avoirs appartenant à la famille du président déchu et à ses proches, soulignant que la justice se prononcera sur ces différents dépassements.Il a fait observer que des commissions rogatoires ont été émises au sujet de plusieurs personnes qui ont fui le pays et qu'il a été procédé à la confirmation des accusations qui leur ont été adressées, dont notamment, l'homicide volontaire, l'incitation au meurtre et autres tel que la haute trahison.M. Ghannouchi a déclaré: 'malheureusement et malgré tous ces efforts, les mesures prises par le Gouvernement n'ont pas été véhiculées comme il se doit par certains médias', s'interrogeant sur les raisons de la focalisation sur la déchéance du gouvernement, comme si c'était le principal objectif de la révolution, indiquant "pourquoi cette focalisation sur le premier ministre ?

 

 

Son départ est-il synonyme d'un règlement de ces problématiques? Pourquoi précisément en cette période ?S'agissant du sit-in de la Kasbah, le vendredi dernier, et des manifestations connues par l'avenue Habib Bourguiba àTunis, M. Ghannouchi a indiqué que des personnes à bord de voitures, non concernées par le sit-in de la Kasbah, se sont infiltrées parmi les manifestants ayant accompli des opérations de pillage, d'incendie, de terrorisme et de violence. Il a ajouté qu'une personne a été arrêtée à Kasserine avec en sa possession plus de 90 mille dinars, somme qu'il allait distribuer à tous les fauteurs de troubles.

 

 

Il s'est interrogé dans ce contexte: "Qui est derrière l'opération de l'avenue Habib Bourguiba et tout ce cycle de violence ?".En ce qui concerne la commission de réforme politique qui préparera les projets de loi, dont en particulier, le code électoral, M. Ghannouchi a affirmé que cette commission qui fait désormais l'unanimité s'est transformée en un comité supérieur de protection de la révolution, de réforme politique et de transition démocratique, et que le président de la république par intérim procédera lundi 28 février à la signature d'un décret-loi relatif à ce comité, afin de le doter du cadre juridique nécessaire pour lui permettre d'accomplir sa mission avec toute l'efficacité requise.Il a ajouté que le président de la république par intérim annoncera, à partir du début de la semaine prochaine, la feuille de route concernant les prochaines élections.

 

 

M. Ghannouchi a conclu sa conférence de presse en adressant ses remerciements à tous ceux qui ont soutenu le gouvernement durant la période post-révolutionnaire, et en déclarant: "Que Dieu préserve la Tunisie de tout malheur".