Dimanche , 23 juillet 2017

Actualité

Un policier poursuivi pour agression contre un… salafiste

Accusé d’avoir agressé un salafiste au Kef le 1er jour de l’Aïd, Riadh Zoghlami, agent de sécurité, comparaîtra aujourd’hui devant le tribunal de la région. La colère monte chez ses collègues. Selon nos collègues d’Al-Jarida, Riadh Zoghlami n’a pas agressé le salafiste en question. Mais ce sont les habitants qui, en cherchant à défendre ce dernier, ont agressé la personne en question, qui menaçait ouvertement de mettre le feu à la maison de l’agent de sécurité. «Suite à l’agression des salafistes sur l’homme de théâtre Rejeb Moqri, les services de l’ordre ont arrêté certains des agresseurs. Mais pas tous. Parmi les recherchés, un salafiste considéré parmi les plus radicaux et les plus dangereux et qui aurait menacé l’agent Riadh Zoghlami de mettre le feu à sa demeure», affirme notre source. Et de revenir sur les faits: «Le jour de l’Aïd, Riadh Zoghlami est allé chercher de l’eau à la source dans la région de Sidi Mansour. Il a croisé le frère du salafiste recherché. Ce dernier a tenté de l’agresser et c’est là que des personnes se trouvant sur place l’en ont empêché et agressé. Le salafiste a consulté un médecin et a porté plainte contre l’agent auprès du procureur de la république». Ce dernier étant en congé, c’est le procureur de la république adjoint qui a entendu l’agent de sécurité et ordonné de le laisser libre en attendant de le traduire devant le tribunal. Mais, ajoute notre source, et à la surprise générale, le procureur de la république a ordonné, par téléphone, l’arrestation immédiate de l’agent de sécurité qui va comparaître aujourd’hui au tribunal du Kef. La tension est en train de monter parmi chez les collègues de Riadh Zoghlami.

Signes inquiétants de la déliquescence de l’État tunisien

Sans une action vigoureuse de l’État encouragé par la société civile, la déferlante fascisante s’imposera bientôt dans les espaces publics avant de régenter notre vie et transformer nos us et coutumes. La célébration de la nuit du destin à la Grande Mosquée de la Zitouna nous a gratifiés d’une scène étonnante. Houcine Laâbidi aux côtés des plus hauts dignitaires de l’État dont le Président de l’ANC et le chef du gouvernement provisoire. Houcine Laâbidi impose, l’Etat dispose M. Laâbidi? Mais si, vous le connaissez bien maintenant. Au train où vont les choses dans notre pays, il sera bientôt, qu’à la Providence ne plaise, l’icône de la contre-révolution religieuse! Il s’agit du saint homme qui confond notre prestigieuse Grande Mosquée avec son domicile personnel au point d’en changer les serrures pour s’assurer l’exclusivité de la direction de ce prestigieux espace de prière si cher au cœur des Tunisiens. N’a-t-il pas rabroué de la pire manière l’huissier-notaire qui a été chargé par le ministère des Affaires religieuses de lui intimer l’ordre de remettre les choses en l’état? Son refus, si fermement déclaré de rentrer dans les rangs, lui a valu révocation par décision ministérielle. Et que croyez-vous que fit notre pieux imam autoproclamé? Ameuter ses partisans et empêcher son successeur de pénétrer à la Zitouna. Il fit mieux encore en se métamorphosant en faiseur de rois, ou, plus exactement, d’imams, puisque dans un clair geste de défi envers l’État il a désigné de son propre chef l’imam de la Grande Mosquée! D’ailleurs, la plainte intentée par le Contentieux de l’État contre ce défenseur trop zélé de la Zitouna a été rejetée pour vice de forme ! On voudrait nous faire croire que les services juridiques du Contentieux de l’État sont peuplés d’incompétents incapables de rédiger un mémoire en bonne et due forme en vue d’une saisine! Or, c’est ce rebelle à l’autorité de l’État que MM. Ben Jaâffar et Jebali ont côtoyé là même où il n’avait aucun rôle officiel à jouer! Comprendra qui voudra ou qui pourra car cela est proprement rocambolesque ! Abracadabrantesque, dirait l’autre. N’est-ce pas là un signe manifeste de la déliquescence de l’État? Ainsi vont les choses dans le bateau ivre qu’est devenue, hélas, la Tunisie ! Autre signe de la déliquescence de l’État, les spectacles et manifestations culturelles perturbés et même annulés en raison de l’intervention violente de salafistes déterminés tant à Menzel-Bourguiba qu’à Kairouan ou encore à Bizerte. Les salafistes à la conquête du théâtre municipal de Tunis. (Ph. Thierry Brésillon). Mourad Amdouni, constituant et élu de la ville de Bizerte qui s’est rendu à Menzel-Bourguiba le 14 août au soir afin de protester contre l’interdiction faite à Lotfi Abdelli de présenter sa pièce humoristique ‘‘100% halal’’, nous apprend que «les salafistes ont fait leurs ablutions dans les locaux de la police» avant de se mettre à prier toute la soirée sur le trottoir de la salle où l’acteur, qui a été menacé de mort, devait se produire. Et M. Amdouni d’ajouter en parlant des salafistes: «S’ils n’avaient pas de garanties, ils n’auraient pas agi de la sorte» (‘‘La Presse’’, vendredi 17 août, p. 10). Au lieu de libérer l’accès à la salle de spectacle et d’arrêter les fauteurs de troubles, les autorités régionales invoquent des raisons sécuritaires et annulent la représentation de la pièce programmée. Celle-ci n’a-t-elle pas reçu le plus infâmant des labels par lequel on justifiera dorénavant tous les agissements contraires à la loi, à savoir le label de la soi-disant atteinte au sacré? Carte blanche aux intégristes violents Il est à signaler que les salafistes ont été bel et bien dédouanés par le porte-parole du ministère de la Culture qui ne leur trouverait, à la limite, aucun tort, puisqu’il a fièrement déclaré que «les salafistes n’ont perpétré aucun acte de violence, mais se sont juste alignés pour faire la prière devant le théâtre de Menzel-Bourguiba» (‘‘La Presse’’, vendredi 17 août, p. 10). Ils ont, certes, juste choisi le bon endroit et le bon moment pour se recueillir et s’adresser au Très-Haut ! Que d’autres aient choisi, eux, de passer une soirée ramadanesque en famille avec la perspective de se détendre en compagnie d’un humoriste, cela ne compte pas aux yeux de ce digne personnage officiel! Ainsi va l’état de la culture et de la liberté d’expression dans un pays où les forces de l’ordre sont promptes à agir contre des manifestants qui ne réclament qu’un peu d’eau en ces journées caniculaires de jeûne ou contre des ouvriers de chantiers qui exigent le règlement de leur salaire, mais se montrent si compréhensives envers ceux que M. Ghannouchi appelle affectueusement «nos enfants» et que M. Jebali considère des nôtres et non des extra-terrestres! Ainsi vont les choses à rebours du bon sens et de la logique dans un pays où le double langage règne en maître ! Et bien, pour n’avoir pas assuré l’ordre et fait respecter la loi le 14 à Menzel-Bourguiba et le 15 à Kairouan, les autorités ont comme donné carte blanche aux intégristes violents qui, rassurés par tant de complaisance, sinon de complicité («ablutions dans les locaux de la police» !) ont fait mieux encore à Bizerte le 16. Ils ont manié le sabre et moult armes blanches, fait couler le sang et tailladé visages et crânes de nombre de «mécréants» réunis à la Maison de la Culture pour commémorer l’arrivée de Yasser Arafat et de Palestiniens chassés du Liban en 1982! À se demander s’il y a vraiment un commandant à la barre ! Si, le Premier ministre provisoire s’est permis de se demander publiquement dernièrement en constatant les tas d’immondices qui défigurent nos bonnes villes: «Mais où est le gouvernement?», les simples citoyens que nous sommes n’avons-nous pas le droit d’exprimer toute notre perplexité en nous interrogeant: «Mais où est le ministre de l’Intérieur? Son rôle n’est-il pas d’assurer la paix civile? N’a-t-il pas pour mission d’exercer la légitime violence de l’État contre tous ceux, sans distinction aucune, qui se permettent de perturber l’ordre public? Faudrait-il finir par croire qu’il y a aujourd’hui une catégorie de Tunisiens à qui la loi ne s’applique pas? Pourquoi cette mansuétude? Pour récompenser quel service rendu? Rendu à qui? À la communauté nationale ou seulement à Ennahdha dont les salafistes sont le bras armé? Et, pour finir, pourquoi cette nouvelle poussée de fièvre salafiste et pourquoi en ce moment précis?» Du rêve de révolution au cauchemar quotidien Un militant des droits de l'homme agressé par des extrémistes religieux à Bizerte. Il ne faudrait pas s’attendre à voir le porte-parole du ministère de l’Intérieur répondre à ces questions. Il a, tout bonnement, justifié l’absence des forces de l’ordre devant la Maison de la Culture de Bizerte par «une erreur d’appréciation» ! Et cela après les événements qui, les deux jours précédents, eurent pour cadre Menzel-Bourguiba et Kairouan! Les victimes couturées suite aux violences salafistes à Bizerte apprécieront sans doute cette belle argumentation! C’est ce qui s’appelle se moquer du monde et faire injure à l’intelligence des Tunisiens! Voilà le respect que nos gouvernants nous manifestent! Et dire que, dans un moment de grande euphorie, nous avons cru avoir réalisé une véritable révolution et avons alors rêvé d’une Tunisie moderne, ouverte, tolérante, égalitaire et démocratique! Les salafistes n’ont pas tardé, cependant, à substituer à notre rêve d’une révolution réussie un cauchemar quotidien! L’heure de la contre-offensive afin de stopper le rouleau compresseur intégriste et rétrograde n’a-t-elle pas déjà sonné? À défaut d’une action vigoureuse de l’État encouragé par la société civile, la déferlante fascisante s’imposera bientôt dans les espaces publics avant de s’immiscer dans nos affaires personnelles, régenter notre mode de vie et transformer nos us et coutumes séculaires…

Organisation d’une table ronde autour de la constitution

« Une première lecture de l'avant projet de constitution ", tel est le thème de la table ronde qui aura lieu mercredi 22 août 2012 à Tunis. Des professeurs de droit à l’instar de Iyadh Ben Achour, Ghazi Gherairi, Slim Laghamani, Salwa Hamrouni, Salsabil Klibi, Farhat Horchani, Chawki Gaddes, Amin Mahfoudhi, Néji Baccouche, Chafik Sarsar et Ridha Jenayah participeront à la rencontre organisée par l'Association tunisienne de droit constitutionnel et l'organisation " Démocracy Reporting International". La société civile prendra, également, part à cette tribune de réflexion qui traitera de divers thèmes tels que " le préambule et principes fondamentaux ", " la liberté de conscience, de religion et le libre exercice du culte ", " les instances constitutionnelles " et " la démocratie locale ". Les débats seront animés par le bâtonnier de l'ordre des avocats Chawki Tabib et le président de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l'Homme Abdessattar Ben Moussa.

Le ministère de l’Intérieur justifie l’usage du gaz lacrymogène lors du match ESS contre EST.

Mohamed Ali Aroui, porte-parole officiel de la direction de la sécurité nationale a justifié le recours au gaz lacrymogène lors des évènements survenus au stade Olympique de Sousse, samedi 18 août au cours du match comptant pour la ligue des champions entre l’Etoile Sportive du Sahel et l’Espérance Sportive de Tunis. Il s’agit, a-t-il dit, de disperser les supporters qui étaient complètement déchainés afin d’éviter la catastrophe citant l’exemple des évènements de Port-Saïd en Egypte, l’année dernière. Mohamed Ali Aroui a indiqué que 5 personnes impliquées dans des actes de violence ont été arrêtées, dimanche 19 août, en coordination avec le ministère public et que l’enquête est en cours afin de mettre la main sur les responsables de ce qui s’est passé. Selon le porte-parole de la sécurité nationale, 23 agents de sécurité ont été blessés, dont certains grièvement.

Retour de vacances pour les salafistes

Après s’être éclipsés pendant quelque temps, au point que plusieurs médias s’interrogent sur le sens de cette absence, les salafistes ont refait surface, accaparant de nouveau l’attention de l’opinion publique, notamment à la fin de ce mois saint de Ramadhan. Les salafistes semblent avoir choisi pour cible des événements culturels, qu’ils jugent blasphématoires ou contraires à l’Islam. Ils ont, récemment, multiplié les actes de sabotage des œuvres, spectacles et autres événements artistiques, à commencer par des sit-in de blocage sur les lieux des spectacles, jusqu’à l’attaque armée de la maison de la culture de Bizerte dans la soirée du 16 août dernier... Ces hostilités orientées contre la culture et l’art, se produisent et se multiplient tout en gagnant en ampleur et en gravité, hostilités auxquelles les forces de l’ordre et le gouvernement ripostent bien timidement et, parfois, ne se manifestent pas du tout. Ainsi, au cours d’une même semaine, trois attaques ont été perpétrées, ayant pour cibles des événements culturels. Le phénomène avait débuté bien avant ces trois attaques, avec l’exposition d’El Abdelliya, quand un groupe de salafistes et de délinquants avait saccagé les œuvres d’art exposées qui, selon eux, portaient atteinte au sacré. Ensuite, est survenu l’empêchement du spectacle de Lotfi Abdelli à Menzel Bourguiba, suivi du sabotage du concert de Lotfi Bouchnaq accompagné de la troupe des « soufis » iraniens à Kairouan, pour en arriver au grave incident de Bizerte. En cette soirée, quelque 200 "barbus" ont fait usage de violence pour empêcher la tenue d’une conférence organisée par une association bizertine, dans le cadre de la "Journée d’El-Aqsa" et qui comptait parmi les présents l’ancien détenu libanais dans les geôles israéliennes, Samir Qantar, indésirable pour eux car considéré pro régime de Bachar El Assad en Syrie. Au cours de cette dernière attaque, les assaillants ont fait usage de bâtons et de sabres, ce qui a engendré plusieurs blessés, dont des images poignantes ont été diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux et ont entraîné un grand mouvement de colère et d’indignation parmi l’opinion publique. Ennahdha, en tant que parti islamiste au pouvoir est pointé du doigt pour avoir été passif face à cette violence et clément avec les salafistes. Certains accusent Ennahdha même de complicité. De leur côté, les autorités compétentes se sont montrées peu convaincantes tant par l’inaction, voire carrément leur inertie, que par les commentaires. Ainsi, l’intervention des forces de l’ordre a tardé à venir ou alors a fait défaut dans la plupart des cas. Face aux accusations de l’opinion publique et notamment l’opposition, le ministère de l’Intérieur se justifie tantôt par "la délicatesse de la situation, tantôt par "une mauvaise appréciation de la situation". Toujours est-il que le même département de l’Intérieur reste peu bavard et peu explicite à ce sujet comme s’il y avait une crainte dissimulée à l’égard de ces groupes de salafistes. Dans le cas contraire, il s’agirait bien alors, selon les observateurs, d’une complaisance. Le ministère de la culture, lui, s’est contenté de diffuser un communiqué, qui déplore, condamne, et regrette les incidents. Ce communiqué n’a nullement impressionné les salafistes puisqu’ils ont repris, le soir même, leurs attaques "de plus belle". En fait qui sont-ils, ces salafistes? Pourquoi font-ils si peur? Et pourquoi ciblent-ils la culture précisément? Autant de questions qui intriguent et auxquelles on ne trouve pas forcément les bonnes réponses. On sait tous que les islamistes extrémistes se sont structurés depuis la révolution sous forme de partis politiques ou d’associations, et plusieurs d’entre eux ont graduellement obtenu leurs visas. Sauf que les évènements récents ne portent la signature d’aucun organisme connu et officiellement reconnu. Les salafistes qui ont agressé, battu, pillé, détruit, portent juste des barbes, des jilbabs, des drapeaux noirs et parfois des armes blanches ou des matraques. Il s’agit probablement d’individus qui essaient de faire la loi d’une manière arbitraire en ayant recours à la manière forte et en semant la terreur parmi les populations paisibles. Ou bien, y aurait-il quelqu’un qui se cacherait derrière eux et qui serait en train de tirer les ficelles en orchestrant leurs actes? Il reste tout de même évident que ces salafistes, s’en prennent, généralement et bien clairement, à la culture et aux œuvres d’art. Et c’est là justement où réside le caractère dangereux de leurs actes. En effet, étant donné que l’art et la culture, en général, représentent l’expression civilisationnelle d’un peuple, toute répression et tout étouffement en la matière équivaut à un étouffement de toute la civilisation. La Tunisie, riche de son histoire trois fois millénaire, de sa diversité, de son ouverture et de sa modernité, est en train de se faire voler cette richesse. Si ces salafistes veulent ôter les couleurs du pays, effacer ses traits et faire taire sa voix, ils projetteraient d’aller trop loin. Et ils y parviendront si le gouvernement continue à leur faire les yeux doux et si les partis politiques et la société civile se laissent faire ou adoptent la politique de l’autruche et une attitude molle et passive.

Les salafistes font leur loi le jour de l’Aïd à Bizerte

Des groupes de salafistes, majoritairement barbus et dont certains portaient le qamis, se sont attaqués, le jour de l’Aïd vers 10h du matin, à des maisons à Wed Laâssal à Bizerte, les envahissant à la recherche d’une personne Selon des témoignages, ces personnes apparentées au mouvement salafiste étaient armées de bâtons et de sabres et recherchaient un individu qui aurait agressé un des leurs. Les habitants auraient essayé d’alerter et de contacter la police pendant plus d’une heure mais en vain, précisent les mêmes témoins.